L’économie collaborative : les femmes et les pays émergents

La 12e édition annuelle du Women’s Forum Global Meeting s’est tenue du 30 novembre au 2 décembre 2016 à Deauville, en France, et a accueilli plus de 1 250 délégués – femmes et hommes, scientifiques et décideurs, chefs d’entreprise et pionniers, originaires de plus de 70 pays. La thématique de cette rencontre était : « L’économie du partage est-elle synonyme d’un monde de partage ? »

Wavestone, partenaire de cette prochaine édition, a participé aux conférences et a animé des interventions. Aurélie Welti, manager People & Change, vous partage certains sujets abordés lors de  cette 12e édition du Women’s Forum Global Meeting au travers d’une série d’articles à découvrir chaque semaine.

L’économie collaborative : une opportunité pour les femmes des pays émergents ?

Pour rappel, les femmes sont beaucoup plus touchées par la précarité, l’insécurité ou l’illettrisme (2/3 des analphabètes dans le monde sont des femmes).

Dans certains pays comme le Bangladesh, les transports ne sont pas toujours sécurisés (les femmes se font harceler dans la rue…) ; il peut être difficile pour elles d’accéder à leur lieu de travail en autonomie et de faire garder leurs enfants.

L’économie collaborative ou de partage, comme Uber ou Airbnb, est une nouvelle opportunité pour les femmes des pays émergents de pouvoir se lancer dans entrepreneuriat.

Ayant souvent des revenus inférieurs à ceux des hommes, et ayant peu accès à l’argent familial, l’économie de partage peut être pour elles une bonne alternative pour compléter des revenus et plus important de conserver leur salaire. Dans certains pays d’Afrique, l’argent gagné peut être stocké sur les téléphones mobiles de manière sécurisée. Par conséquent, leur domicile peut devenir un lieu rassurant, confortable et idéal pour échanger des produits ou des services (cuisiner, prêter leur maison, etc.).

Cela implique d’être connectées et ainsi étendre la portée de leurs services/produits bien au-delà de leur voisinage, voire de se développer à l’international.

Chez les femmes, l’autonomie et la créativité sont généralement des valeurs plus appréciées que le contrôle, les assets ou la propriété. Ce qui est tout à fait en adéquation avec l’économie collaborative permettant de partager un service ou un produit sans avoir besoin de le posséder.

Quels sont les défis à relever ?

Certains défis restent à relever néanmoins : comment permettre aux femmes les plus fragiles d’accéder à ces plateformes d’échange ? D’accéder à la technologie ? Et surtout d’avoir suffisamment confiance en elles pour oser se lancer dans l’aventure ? Des initiatives ont été lancées pour soutenir les femmes, les aider à se développer. Pour exemple, la Fondation Chanel agit pour améliorer la condition économique et sociale des femmes et des adolescentes en Europe et dans le monde.

Face aux entreprises traditionnelles, l’économie collaborative peut-elle se développer ?

Cette nouvelle économie ne remplaçant pas l’autre, les modèles plus traditionnels coexistent parfaitement avec ce nouveau modèle. En Inde, les objets et les matériels sont naturellement partagés ; ce modèle fonctionne déjà depuis longtemps. Avec internet, cela accentue d’autant plus le phénomène. Ce modèle permet aux femmes de participer activement à l’économie de leur pays.

L’économie de partage a toujours existé dans les pays émergents, mais la nouvelle économie collaborative leur ouvre de nouvelles opportunités : il y a de la place pour les femmes entrepreneurs, alors que, dans les entreprises traditionnelles, les positions intéressantes sont presque toujours prises par les hommes. Ce qu’elles ont toujours fait de manière informelle peut être cadré dans un vrai business. Par ailleurs, les entreprises traditionnelles commencent seulement à s’intéresser à la diversité ou à la solidarité. Sur ces sujets, l’économie collaborative a un temps d’avance même si cette économie peut encore évoluer et être mieux cadrée

Vous avez trouvé cet article intéressant ? Retrouvez nous la semaine prochaine pour un nouvel épisode retranscrivant les sujets abordés lors de la 12ème édition du Women’s Forum for the Economy and Society tenue à Deauville fin 2016.

Le Women’s Forum for the Economy and Society, est une organisation internationale fondée en 2005, visant à renforcer la représentativité des femmes et une plus grande mixité hommes-femmes dans tous les organes de pouvoir de la société. Ils s’emploient également à mettre en exergue des projets qui favorisent l’entrepreneuriat des femmes, par l’éducation, par la parité dans l’entreprise et par une présence plus forte des femmes dans les médias. C’est aussi une occasion pour les participantes, et participants, de faire entendre leur voix et leurs visions de l’avenir, et de susciter des engagements.

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