La Villa Bonne Nouvelle d’Orange, un lab’ sur les espaces de travail de demain

Dans le cadre de son projet d’entreprise de transformation digitale, Orange a ouvert au dernier trimestre 2014 la Villa Bonne Nouvelle, en plein centre de Paris (10ème arr.), au cœur du « Silicon Sentier », quartier dynamique et symbole de la vitalité des start-up françaises en matière de technologie et digitalisation.

Figure emblématique de l’axe « Equiper » (les deux autres axes du projet étant « Sensibiliser » et « Former »), la Villa a vocation à réunir en un lieu unique, un espace de travail ouvert et un espace de convivialité (composé de chaises, canapé, kitchenette, baby-foot, … qui donne à l’ensemble une atmosphère conviviale). Un simple rideau marque symboliquement la frontière entre l’espace professionnel et l’espace informel.

Ouvert de 7 h à 21h, le site a une capacité d’accueil de 50 positions de travail que se partagent 65 occupants en mode flex desk / sans position fixe affectée.

Mooving 2

 

Mooving 3

 

Le mobilier, monté sur roulettes, est complètement modulable et configurables selon les besoins.

L’idée maitresse du projet est de faire cohabiter des collaborateurs Orange (qui par ailleurs conservent un poste de travail affecté sur leur lieu de travail d’origine) et des professionnels d’autres secteurs d’activités et d’horizons variés de type start-up et projets free-lance.

La Villa vit actuellement sa seconde « saison » : les occupants ne bénéficiant de la Villa que pour une durée limitée à environ 9 mois.

La HR Business School d’Orange a été l’une des premières équipes à occuper les lieux, qui servent des intervenants travaillant en mode projet et aux pratiques « agiles ».

Il n’existe pas de profil particulier du locataire de la villa Bonne Nouvelle : la répartition entre hommes et femmes est classique, pour une population généralement issue de métiers SI ou qui fait appel à des compétences de type gestion de projet.

Les résultats de la Villa sont probants :

  • L’efficience et la productivité des collaborateurs ont été reconnues et saluée. Toutes choses égales par ailleurs, une application comme Orange et moi sur laquelle planchait une des équipes projet, a eu une date de livraison avancée d’une semaine par rapport au planning initial.
  • 92% des occupants plébiscitent le site
  • Les candidatures internes des équipes Orange à souhaiter venir expérimenter la Villa sont nombreuses. Démontrer une appétence à participer à une communauté fera partie des critères qui intuitivement rendront l’expérience d’autant plus enrichissante pour les futurs locataires.

Les échanges entre occupants sont une réalité comme en témoignent les événements de type petit déjeuner ou apéritifs, où se croisent à la fois des occupants juniors, trentenaires ou seniors, dégagés de responsabilités familiales ou tout simplement ouverts à cet esprit de communauté et d’ouverture.

Un rôle de Feel Good Manager a été créé spécifiquement pour le lieu. Sa mission consiste à mettre en œuvre les conditions de l’émergence de la communauté, de capitaliser sur les bonnes pratiques collaboratives et d’animation pour pouvoir les généraliser. Son rôle est d’être présent au quotidien pour gérer les espaces, la programmation des évènements, constituer l’agenda pour favoriser les échanges informels, connecter les personnes et les projets. Il ne s’agit pas de faire la vaisselle à la place des occupants dans le kitchenette – your Mom does not live here diraient les colocataires d’appartement new yorkais – mais de s’assurer qu’un correspondant qui incarne l’esprit du lieu est présent en permanence pour créer le liant qui fait que les principes et la philosophie des espaces sont respectés.

Les témoignages d’occupants de la Villa amènent également à constater que l’expérience est riche mais aussi intense et demandeuse d’investissement personnel, au moins autant que dans une organisation des espaces plus « conventionnelle » : l’émulation générée par les interactions permanentes, l’effet de collectif qui sollicite le collaborateur, la fréquence des échanges et des interactions d’un espace ouvert amènent les occupants à déclarer avoir des journées bien remplies.

Le rapport au temps de transport est également vécu différemment. L’occupant dispose toujours de sa place affectée dans son lieu de travail d’origine, sa présence à la Villa n’étant prévue que pour une saison de quelques mois. Chacun peut ainsi disposer de son poste de travail initial à tout moment, gérer son temps e et s’inventer une vie entre les deux sites comme il l’entend, au fil des semaines

Orange envisage déjà d’autres déclinaisons du modèle Villa, notamment à Toulouse avec la mise en place d’une variante par un espace qui mettrait les collaborateurs en capacité de répondre aux appels d’offre par des méthodes de développement accélérées pour un niveau de qualité toujours plus accru. L’histoire et le concept n’en sont donc qu’au début.

La Villa Bonne Nouvelle a fait l’objet d’analyses par des sociologues. Le retour d’expérience sera prochainement enrichi par une initiative incluant l’intervention de coachs certifiés en accompagnement collectif, afin de tirer le maximum d’enseignements d’une expérience qui reste unique, différentiant et parmi les plus innovantes, dans le paysage des tiers lieux, incubateurs, ruches et autres espaces de co-working, qui apparaissent aujourd’hui dans la sphère immobilière.

Auteur : Marc Godard, Manager, RH-Management

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