« Révolution Coworking » : Réservée à la bohème parisienne ? Atouts pour travailleurs et territoires à l’ère du numérique

« Révolution Coworking » : Réservée à la bohème parisienne ?

Atouts pour travailleurs et territoires à l’ère du numérique

 

J-P Sartre, S. de Beauvoir, Boris et Michelle Vian, à Saint-Germain-des-Prés, en 1949.  Crédits : Manciet/SIPA

 

Il est loin le temps où Sartre et Beauvoir se rejoignaient au Café de Flore afin de réinventer le monde. Un simple carnet, accompagné d’un crayon suffisait alors pour partager ses idées et innover. Le digital a-t-il tout détruit ? Le développement des espaces de coworking nous démontre que non, bien au contraire. Permis par la révolution numérique, ces espaces de travail collaboratifs qui font partie des « tiers-lieux » (cf. Oldenburg – ni domicile, ni entreprise) ont la cote, surtout dans la capitale. Mais pas que ! Véritable source de dynamisme pour les territoires, les collectivités publiques investissent dans ces espaces, notamment en milieu rural où la fracture numérique n’est pas un mythe.

 

EFFICACITE + BIEN-ETRE SOCIAL = COWORKING

 

 

La règle des trois unités – de temps, de lieu et d’action – chère à Racine et à la base de l’organisation du travail issue de Taylor, est mise à mal par le digital. Ce dernier rend possible le travail à distance, ce qui explique le développement du télétravail à la vitesse grand V. Travailler chez soi n’est cependant pas           « aussi confortable qu’on pourrait le penser » (J-Y Huwart, fondateur de Coworking Europe). Déconcentration pouvant découler de la confusion entre vie professionnelle et vie privée mais aussi solitude : ces désavantages font les atouts des espaces de coworking. Car être plus efficace que chez soi, garder de la flexibilité dans son travail, tout en retrouvant du lien social devient possible. En somme, le présentiel sans les contraintes. Preuve que digital, lien social et présence physique sont (ré)conciliables au travail.

 

 

 

Crédits : Deskmag

 

« ETAT D’ESPRIT NUMERIQUE » ET ESPACES URBAINS

 

 

Le boom des espaces de coworking s’explique aussi par un état d’esprit, présent dès leur création. Car les technologies numériques, bien plus que des outils, sont à l’origine d’une transformation culturelle d’où le terme « culture numérique ». L’aspect collectif de ces espaces (gouvernance, organisation, gestion des informations) est facilité par le numérique dont les outils interactifs permettent aussi, selon Le Manifeste des Tiers-Lieux, la constitution d’un « patrimoine informationnelle local et commun ». Chaque individu (au sein d’un espace de coworking) et certains espaces de coworking en open source peuvent accéder à et surtout partager de l’information, des bonnes pratiques réutilisables et applicables hors du territoire initial.

 

 

 

 

Ainsi, l’innovation via la créativité, le pragmatisme mais aussi l’intelligence collective ou le partage des savoir-faire sont les maîtres mots de ces espaces qui séduisent. La diversité des profils (compétences techniques, âges etc.) en fait la richesse. Pourquoi s’obstiner à « ré-inventer la roue » à chaque fois tout seul quand partager nos méthodes permet de les améliorer ?

Sketchnote. Crédits : Aurélie Alléon

 

 

 

Cet état d’esprit est au cœur de la volonté de ces premiers lieux « d’innovation ouverte » à tous, à l’instar de Spiral Muse en 2005 à San Francisco et de la Cantine en 2008 à Paris. Les grandes métropoles et les travailleurs du savoir, du numérique et de l’innovation sont donc les premiers concernés.

Mais ces espaces de coworking leur sont-ils pour autant réservés ?

 

 

La Cantine”. Crédits: Knowtex

 

DYNAMISER LES TERRITOIRES

En réalité, il n’en est rien. Le coworking est même un antidote au poison qu’est parfois le digital pour les travailleurs de certains territoires (souvent ruraux), qui subissent la fracture numérique. Exclusion de l’information numérique et isolement : tel est le sort réservé à ceux, télétravailleurs ou indépendants, qui connaissent des difficultés de connexion à internet. L’investissement des collectivités locales dans des espaces de coworking en zone rurale peut être, si le haut-débit est au-rendez vous, un formidable moyen d’encourager la collaboration via la création de réseaux de travailleurs. Il s’agit aussi d’accroître l’attractivité des territoires dont les énergies sont plus dispersées qu’ailleurs et de valoriser leurs « avantages différenciatifs ». Le digital répond alors au digital.

 

METTRE LE GRIS DANS LE VERT

Si les coworking spaces sont utiles aux territoires ruraux, ces derniers  – alliés à la technologie – peuvent être en retour une formidable opportunité pour le coworking.

En milieu naturel (ou dans des friches industrielles), ces espaces boostent l’innovation collective, d’où l’expression « mettre la matière grise dans le vert ». A l’instar de la Mutinerie, qui a transformé une ferme en un lieu de travail et de rencontre, ce type d’espace se développe et stimule le partage d’idées et de savoirs (-faire). Dans cette perspective, le fondateur de Wildesk, connu pour sa caravane mobile connectée utilisable en campagne, est convaincu :

Crédits : Le Relais d’entreprises, Blog néo-nomade

 

 

ON COMMENCE QUAND ?

Une innovation technique – internet et les NTIC – a permis une innovation sociale – le tiers-lieu, l’espace de coworking.

Le développement de ces espaces, bien au-delà des frontières métropolitaines, est un phénomène qui transforme notre rapport au travail, aux territoires et aux autres travailleurs.

A nous d’en faire bon usage !

 Crédits : Deskmag

 

 

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Auteure : Louise Freulet, consultante People and Change

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