Télétravail post-confinement, et si tout redevenait comme avant ? Un retour possible au statu quo ante bellum ? Scénario 1

Trois scenarii possibles pour comprendre ce que le confinement peut changer au télétravail : le travail en présentiel va-t-il rester une norme ou devenir une exception ?

« Tout ce qui peut se faire en télétravail doit être fait en télétravail » : voilà ce qu’expliquait Muriel Penicaud le 13 mars dernier dans le cadre de la lutte contre la propagation du covid-19. Le confinement qui a suivi a depuis largement incité les entreprises à généraliser le télétravail. Est-ce à dire que cette généralisation va se poursuivre à la fin du confinement ? Rien n’est écrit.

Dans une série de trois articles, le blog RH imagine trois scenarii possibles pour le télétravail à la suite du confinement. Une conviction demeure en ce temps d’incertitude : il faut se préparer à tout !

Le scenario 2 est disponible ici.

Avant de détailler chacun de ces scenarii, voici ce qu’ils signifieraient en termes d’évolution du nombre de télétravailleurs avec un graphique synthétique :

1er scenario : Télétravail post-confinement, et si tout redevenait comme avant ? Un retour possible au statu quo ante bellum ?

 

Un monde nouveau après le confinement ?

 Depuis le début du confinement, de nombreuses réflexions sur ce que cette expérience va changer dans la société française ont émergé. Certains y voient un possible retour à la conscience de l’essentiel, du vital, avec à la clef une nouvelle hiérarchie des valeurs, qui serait bénéfique à tous. D’autres y voient un retour du rôle de l’Etat, dans ses fonctions régaliennes régulatrices comme dans ses fonctions sociales. Certaines visions s’opposent également, entre ceux qui perçoivent un retour des Nations et ceux qui pensent que cette crise est la preuve plus que jamais de la nécessité d’une coopération transnationale. Dans tous les cas, nombreux sont ceux qui pensent que cette épreuve pourra avoir une dimension salvatrice, permettant un bilan global sur la société et le monde que l’on construit chaque jour.

On évoque ainsi la notion de « plan Marshall », faisant référence au programme américain de prêts qui a permis la reconstruction de l’Europe après la seconde guerre mondiale. La référence au « New Deal » est également faite. Il s’agit cette fois de la réaction à la crise de 1929. Dans ces deux cas, il s’agit de mettre en avant l’idée que les grandes crises ont contribué à une profonde redéfinition des modes d’organisations. Toutes ces réflexions reflètent la volonté de créer un monde nouveau qui tire la leçon de tous les enseignements de la crise liée au Covid-19.

 

Ce que le confinement signifie pour l’expérience du télétravail

Une dimension fondamentale du confinement est l’explosion du télétravail. On peut d’ailleurs se demander si un tel confinement aurait été pratiquement réalisable il y a quelques dizaines d’années, avant l’explosion des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Le télétravail a permis à de nombreuses activités intellectuelles de respecter un confinement strict, limitant la propagation du virus, tout en poursuivant l’activité. On peut donc imaginer que dans le bilan qui sera fait de la crise, l’importance du télétravail sera réaffirmée, et que le plus d’activités possibles seront rendues compatibles avec le télétravail, notamment en intégrant le risque d’un nouvel événement pandémique dans les années à venir.

             

La hâte d’un retour à la normale après une parenthèse exceptionnelle

Pourtant, lorsque l’on analyse les événements en Chine, constituant un précédent au prochain déconfinement, on peut constater que la population a surtout eu hâte de reprendre la même vie qu’avant, et ce au plus vite. On ne peut donc pas nier qu’un scénario tout à fait envisageable serait celui d’un retour à la situation précédant la crise, avec un certain déni de tout ce qui a pu se passer. C’est ce qu’on peut appeler un retour au statu quo ante bellum, expression latine qui correspond à une restauration des droits de souveraineté au même état que celui qui précédait la guerre. C’est un principe qui s’oppose à l’uti possidetis juris, qui consiste à graver dans le marbre juridique les évolutions qui ont eu lieu dans les faits. La lutte contre le covid-19, similaire pour certains à une guerre, avec un état d’urgence décrété, pourra donc apparaître comme une parenthèse exceptionnelle que l’on s’empressera de refermer.

Concrètement, après un dispositif de télétravail exceptionnel, le meilleur moyen sera pour beaucoup de tourner la page et revenir aux anciens modes de fonctionnement, avec un retour en force du présentiel et tout ce qui l’accompagne, laissant notamment de côté les nouveaux outils collaboratifs qui auront eu le vent en poupe pendant le confinement.

 

La nécessité pour les responsables RH de se préparer à tous les scénarios

Si nous avons souhaité envisager les différents scénarii possibles à la suite du confinement, c’est notamment pour mettre en avant le fait que l’incertitude face au futur et l’impossibilité de modéliser les risques et les évolutions concrètes sont probablement les dimensions qui caractérisent le mieux la crise actuelle. C’est pour cette raison que la fonction RH doit se préparer à tous les scenarios, qu’elle doit tous les envisager, pour être prête à accompagner les collaborateurs de la manière la plus adéquate.  Nous en avons imaginé trois mais il en existe encore une multitude d’autres possibles. Il faudra également que les responsables RH aient précisément la capacité de comprendre à quel point la crise du covid-19 aura pu être vécue de manière différente en fonction des personnalités et des profils.

Entre les célibataires sans enfant, certains heureux d’être au calme pour avancer plus vite et d’autres souffrant d’isolement, entre les parents dérangés par leurs enfants et ceux heureux de voir davantage leur famille ; entre ceux qui auront été directement touchés par la maladie et ceux pour lesquels elle n’aura eu aucune réalité concrète ; le ressenti et la mémoire de la crise seront profondément différents. Or, il faudra savoir tous les accompagner pour leur permettre de se réengager totalement dans le projet de l’entreprise.

———Jules SIMONINConsultant
Pour en savoir plus, vous pouvez contacter :
Sabrina YOUNSI-YUTH Senior Manager
sabrina.younsiyuth@wavestone.com

Autres articles en lien qui pourraient vous intéresser

COMMENTS

Leave a Comment