La charge de travail comme lieu d’investigation de la performance et de la qualité de vie au travail

Les entreprises traversent actuellement une période unique et inédite. Cette crise sanitaire liée au COVID-19 a nécessité des ajustements multiples, notamment en imposant aux collaborateurs de nouvelles modalités d’organisation du travail.

Cette situation particulière évolue au rythme de la crise, et aboutira petit à petit à une reprise complète et « normale » de l’activité. Ainsi, parmi les nombreux enjeux auxquels il faudra faire face, les entreprises vont devoir gérer au mieux le retour au travail et s’inscrire dans une logique de performance collective et de sécurisation des enjeux business à venir.

Encore plus que d’habitude, les besoins liés aux difficultés économiques potentielles, comme celui de la productivité, seront susceptibles de s’accroître ; la gestion de la charge de travail des collaborateurs, plutôt que d’être un frein, peut être vue comme un vrai levier de performance et de Qualité de Vie au Travail.

 

1. La charge de travail, ou plutôt, les charges de travail…

La charge de travail ne peut se limiter à une approche purement quantitative. On y associe 3 notions qui sont complètement interdépendantes :

> la charge prescrite est la description formelle des activités ou tâches dans la documentation de l’organisation correspondant implicitement aux objectifs du poste et auxquelles on peut aussi ajouter les demandes explicites de la hiérarchie ;

> la charge réelle est l’ensemble des activités concrètes qu’un collaborateur effectue pour atteindre ses objectifs (en vue de réaliser la charge prescrite) ;

> la charge ressentie correspond à l’évaluation subjective faite par le collaborateur de son travail et de ses conditions de réalisation.

Ainsi, dans un contexte économique et social difficile où la charge mentale pourrait être particulièrement élevée pour certains collaborateurs, il apparaît évident que l’employeur doit concilier une bonne gestion de la charge de travail quantitative quotidienne, tout en s’assurant que les salariés évoluent dans un environnement propice et favorable.

 

2. « J’ai trop de travail ! », une remarque bien connue de tous et qui peine à être résolue

En effet, dans l’arbre des causes, le sujet de la charge de travail quantitative est loin d’être toujours la cause racine. Bien au contraire, il faut mener une véritable enquête nécessitant une méthodologie personnalisée pour identifier la ou les causes véritables de ce premier constat ou ressenti.

En 2004, une modélisation de la Charge de travail par Falzon & Sauvagnas proposait une mise en lumière de ses déterminants et conséquences :

Le sujet de la charge de travail est central dans la gestion du capital humain.

Il peut appeler des réflexions autour de sujets tels que la gestion des compétences, la bonne adéquation des ressources avec les objectifs fixés, l’engagement des collaborateurs, etc.

La qualité de la gestion de la charge de travail sous-tend également la qualité de service de votre organisation. Elle s’avère clé dans la gestion opérationnelle de la productivité au quotidien mais aussi dans la prévention de problématiques liées à la santé et à la sécurité des collaborateurs (augmentation des AT, absentéisme, stress au travail, etc.).

Au-delà d’une vraie conscience de l’organisation sur ce sujet et d’éventuels programmes associés, le management avec ce qu’il porte en termes de posture, de dynamique d’échange, et en tant que courroie de transmission, semble ici aussi en première ligne.

 

3. Des premières pistes pour mettre la charge de travail en adéquation avec vos enjeux

Sur ce sujet, il faut peut-être requestionner quelques-uns de nos vieux réflexes et métriques, pour se tourner vers une écoute attentive auprès des 3 natures de charge évoquées précédemment. Par exemple :

Travailler sur le rapprochement et la mise en adéquation des charges prescrite et réelle :

> En s’imposant une compréhension fine des processus, des procédures et outils associés pour identifier des axes d’amélioration au service d’une meilleure collaboration, d’une plus grande efficacité, d’une adéquation accrue aux enjeux.

> En donnant aux fiches de poste, bien au-delà d’un cadre strictement légal, un rôle structurant et significatif pour l’entreprise et pour le collaborateur.

Travailler sur l’expression de la charge ressentie :

> En donnant l’opportunité à vos collaborateurs de s’exprimer, de parler librement de leurs irritants, d’un dialogue social de qualité – « ça va déjà mieux en le disant ! » – ; une matière que l’on vous promet riche et hautement exploitable !

La thématique de la charge de travail est encore aujourd’hui peu ou mal connue ; vous pourriez avoir l’ambition d’y sensibiliser vos managers et collaborateurs, et monitorer le sujet régulièrement.

 

La charge de travail dans votre entreprise, une problématique individuelle ? Collective ? Les deux… ? La réponse à cette question définira, au-delà des premières clés que sont l’ouverture et l’écoute, la démarche à suivre pour en faire un véritable levier pour les collaborateurs et l’organisation dans laquelle ils évoluent.

—–Martine MERCENIERSenior Consultante
Pour en savoir plus, vous pouvez contacter :
Michael PLESKOFManager
michael.pleskof@wavestone.com

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