La nouvelle géographie des espaces de travail (bureau, coworking, domicile) : quelle équation pour 2021 ?

La crise sanitaire et économique influence la géographie du lieu de travail qui s’est longtemps focalisée sur un lieu unique : le bureau.

La conjoncture est portée par une tendance forte : le télétravail, qui sera le mot clé dans les renégociations d’accords d’entreprises à venir pour 2021.

 

La crise de la Covid-19 ou un accélérateur sans précédent d’une généralisation du télétravail

Si travailler à distance depuis son domicile ou un tiers-lieu est techniquement possible pour un nombre croissant de salariés, à la veille du confinement moins d’une entreprise française sur trois proposait alors cette possibilité à ses salariés (« Le travail à distance, ce qui a changé depuis la crise CoVid-19 »)

Bien qu’ayant conduit à une version très dégradée du télétravail (soudaineté, contrainte, temps-plein et mélange vie privée/vie professionnelle), la période du premier confinement semble avoir opéré un effet de cliquet sur les habitudes des salariés. Au sortir de celle-ci, 84% des salariés l’ayant expérimenté pour la première fois ont déclaré en être satisfaits et souhaitent désormais y avoir recours de façon régulière.

Les entreprises doivent donc composer avec l’émergence du télétravail, qui s’impose comme une norme. Cela doit notamment les conduire à réfléchir à l’organisation et à la mesure de la performance du télétravailleur (« Comment faire du télétravail un levier de performance » ; « Travail à distance et efficacité : le nécessaire passage du contrôle présentiel au management de la performance »)

 

Les espaces de coworking, la grande inconnue ?

A l’origine destinés aux travailleurs indépendants souhaitant bénéficier de conditions de travail optimales et développer un réseau professionnel, les espaces de coworking, ont-ils un avenir pour les salariés souhaitant bénéficier de conditions de travail dignes du bureau sans avoir à s’y rendre ?

Reprenant certains points forts du travail au bureau (confort et logistique) et du télétravail (réduction du temps passé dans les transports, gestion autonome du temps), ces espaces sont également sollicités par les salariés adeptes du travail à distance et ne souhaitant pas associer leur domicile au travail.

Actuellement, il est difficile d’imaginer que ces espaces hybrides pourront retrouver une place prépondérante dans l’offre de lieux de travail, étant donné que les normes sanitaires prévoient en premier lieu d’éviter le brassage entre occupants d’un même lieu, soit l’inverse de ce que l’espace de coworking propose.

Plébiscités par une certaine catégorie de travailleurs indépendants, qui souhaitait bénéficier de conditions de travail appréciables et développer un réseau professionnel, l’avenir des tiers lieux est une des grandes incertitudes de 2021 (« L’environnement de travail : ce qui a changé avec la crise Covid-19 »)

 

Des variables à ajuster pour clarifier ces nouvelles géographies du travail

Les intérêts du management et ceux des salariés peuvent parfois être divergents. Le management peut souhaiter vouloir regrouper ses équipes sur un même lieu pour faciliter les interactions et le suivi des activités. A l’inverse, les salariés peuvent souhaiter rendre pérenne cette situation de télétravail qu’ils expérimentent depuis plusieurs mois et qui leur permet d’organiser leurs journées de la manière la plus autonome possible ainsi que d’économiser le temps passé dans les transports (« Le télétravail au cœur des discussions post Covid-19 »)

Il est primordial que les entreprises prennent en compte ces intérêts et composent avec les aspirations de chacun tout en s’adaptant au contexte de l’équipe et aux contraintes de chacun de ses membres. Cela passe notamment par l’instauration d’un dialogue entre managers et salariés qui soit constructif.

Voici des exemples de questions qui entrent actuellement dans la discussion des nouveaux accords d’entreprise sur le télétravail :

Le Blog RH a rédigé quelques articles pouvant donner des pistes de réponse sur certaines de ces problématiques :

 

Quel rôle pour la DRH pour résoudre cette nouvelle équation ?

Repenser l’organisation du travail individuel et en équipe appelle la DRH à mener des chantiers organisationnels, pédagogiques et logistiques. Au centre de ces sujets, la DRH est un relai entre le management et les équipes. Elle doit être moteur dans la mise en place de cette nouvelle façon de travailler.

Dans un premier temps, en participant activement, avec les équipes, à la définition de règles qui prennent en compte les intérêts de chacun. Ensuite, en facilitant le déploiement organisationnel du travail et la définition d’un nouvel accord. Enfin en appuyant l’animation managériale qui supporte la mise en place de l’accord ainsi que la mise à disposition et la formation aux outils digitaux qui permettent le travail à distance.

Les événements de 2020 ont marqué un tournant dans la géographie du travail. Le DRH doit saisir l’opportunité de ces mutations actuelles et veiller à ce que le travail étendu trouve pleinement sa place parmi l’ensemble des outils managériaux qui permettent de rendre les collaborateurs plus performants individuellement et collectivement tout en étant plus épanouis au travail.


——Paul Badiou Consultant
paul.badiou@wavestone.com

Pour en savoir plus, vous pouvez contacter :
Marc GodardManager
marc.godard@wavestone.com

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