Mécénat de compétences : vecteur d’employabilité et d’implication, une pratique avantageuse pour toutes les parties

Le développement du mécénat de compétences en France est assez important depuis une dizaine d’année. Véritable couteau suisse permettant de répondre à de nombreuses problématiques :

  • l’acquisition de certaines compétences pour une association
  • la quête de sens des nouvelles générations
  • le renforcement de la stratégie RSE et les engagements d’une entreprise

 

Origine et description : ce qu’est le mécénat de compétences et ce qu’il n’est pas :

Le mécénat de compétences est l’opportunité pour un salarié de pouvoir participer à un projet d’intérêt général auprès d’une association, sur son temps de travail.

Voici un tableau recensant les différents types d’engagement en association :

Dans le cadre d’un mécénat de compétences, le salarié reste sous la responsabilité de son entreprise. Il maintient ainsi, son statut et sa rémunération. L’entreprise mécène s’octroie une réduction de 60% d’impôt dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaires total hors taxes grâce à la loi Aillagon du 1er août 2003.

Il n’existe pas un unique modèle de mécénat de compétences, la mise en place de son dispositif varie beaucoup selon les structures, les parties prenantes, les conditions de réalisation ainsi que les degrés d’implication des participants.

On peut tout de même citer quatre types de missions, classifiées en fonction de leur durée,

  • Les missions flash, lorsqu’il est proposé aux salariés de travailler sur un sujet prioritaire pour l’association. Exemple : création d’un plan de communication sur une journée d’engagement.
  • Les missions courtes, les salariés peuvent effectuer une fonction de conseil ou participer à la prestation de service. Exemple : cinq journées sur l’année dédiées à des interventions auprès de jeunes au sein d’écoles.
  • Les missions de moyenne durée, mentorat ou parrainage de personnes. Exemple : jeunes et adultes en réinsertion (rencontre de deux heures par mois, engagement d’un an renouvelable).
  • Les missions longues, parfois les salariés peuvent être employés à mi-temps ou même à temps plein, pour la prestation d’un service ou un engagement sur des fonctions support.

 

Un avantage pour les associations partenaires

Pour les associations qui bénéficient du mécénat de compétences, c’est une aubaine. Elles disposent d’une main d’œuvre qualifiée pour un temps donné et pour un besoin particulier, qui ne leur coûte rien !

Selon le Panorama du Pro bono Lab, 82% des associations disent avoir besoin de compétences. La véritable difficulté est de trouver la bonne compétence. Sur des besoins parfois très pointilleux, il est difficile de recruter malgré l’argument de rejoindre un milieu qui permet de trouver du sens à ses actions. Par le mécénat de compétences, l’association reçoit des compétences qu’elle n’aurait pas nécessairement eu la capacité de s’offrir. Grâce à ce dispositif, des responsables de développement, des informaticiens, des managers IT, des directeurs etc., mettent leurs compétences professionnelles au service de projets associatifs gratuitement.

L’arrivée de bénévoles extérieurs à la sphère associative, permet un épanouissement professionnel de la part de l’association bénéficiaire. En effet, en plus de répondre au besoin identifié, le bénévole vient avec son bagage d’expériences et ses bonnes pratiques, qui pourront inspirer l’association et pourront être réutilisées afin de gagner en productivité.

Le mécénat de compétences permet donc de resserrer les liens entre deux mondes éloignés : celui de l’entreprise et le monde associatif. L’association qui ouvre ses portes au mécénat de compétences, fait connaitre sa structure à des entreprises comme à des salariés. Un cercle vertueux se déclenche ainsi et permet de créer ou renforcer des partenariats et aussi de voir naitre de nouveaux engagements bénévoles.

 

Un avantage pour les entreprises

Bien que de nombreux avantages en découlent pour les entreprises, Agathe Leblais, directrice générale du Pro bono Lab, rappelle que le mécénat de compétences a été avant tout pensé pour répondre à un besoin du monde associatif, avant de répondre à ceux de l’entreprise.

Au-delà du bénéfice économique à travers une réduction fiscale, le mécénat relève d’une stratégie de communication qui renforce l’intégration d’une entreprise au sein de son environnement.

Pour les entreprises, le mécénat de compétences répond à de multiples enjeux relatifs à la gestion des ressources humaines : le recrutement, la cohésion interne, la satisfaction et la motivation des salariés entre autres. Véritable outil permettant de fortifier sa marque employeur, le mécénat de compétences permet de répondre à la quête du sens dans le monde professionnel, l’une des principales attentes des générations Y et Z (cf : https://leblogrh.net/2020/05/29/generations-y-et-z-vers-un-renouveau-des-modeles-organisationnels/ )

Le mécénat de compétences s’inscrit au cœur des problématique RSE des entreprises et permet de répondre à des questions telles que la raison d’être de l’entreprise.

Un des principaux freins soulignés reste sa méconnaissance, le manque d’initiatives pour le développer ainsi que son coût administratif en personnel dédié. En effet, le mécénat de compétences induit de la gestion administrative supplémentaire : compte-rendu des activités à la direction, convention mensuelle du don effectué, approbation tripartie du renouvellement de la mise à disposition du bénévole… Il ne faut pas oublier que le mécénat n’est pas la raison d’être première de l’entreprise.

 

Un avantage pour les salariés

Le mécénat de compétences permet de valoriser les savoir-faire de l’entreprise vis-à-vis de ses parties prenantes externes et d’élargir et même de valoriser les compétences des salariés dans leur pratique professionnelle quotidienne. Le salarié bénévole sera reconnu pour son apport de compétences et sera positionné en tant qu’expert vis-à-vis de la mission sur laquelle il intervient. L’enjeu est moins marqué que dans le monde professionnel car son investissement est considéré comme « bonus ».

Le mécénat peut être une source d’innovation pour les entreprises, permettant alors à leurs collaborateurs de découvrir un milieu qui fonctionne différemment, souvent avec moins de moyens mais motivés par de grandes ambitions tournées vers une mission sociétale. Une mission de mécénat permet à un collaborateur de s’épanouir personnellement, il est l’occasion de développer ses compétences dans un univers différent de celui auquel le salarié est habitué. Il permet aussi de sortir de sa zone de confort et de s’enrichir d’expériences nouvelles. En effet, le milieu associatif est souvent gage de nombreuses contraintes, notamment financières, qui ne permettent pas toujours de trouver des solutions si facilement. Le salarié fera donc face à des problématiques qu’il ne connait pas toujours car il n’y est pas confronté au sein de son entreprise. Par exemple, si une association est implantée dans de nombreux pays et notamment dans des pays dans lesquels la situation géopolitique est compliquée, il lui sera difficile d’uniformiser ses pratiques car certains outils ne seront pas compatibles avec toutes ses implantations.

Un dernier avantage que le mécénat de compétences représente, est cette fois-ci pour les salariés en fin de carrière qui souhaitent organiser une transition entre le monde du travail et un engagement d’intérêt général. En effet, cette période peut parfois être difficile pour les différentes parties, un engagement pour une mission de mécénat de compétences, permettrait d’appréhender cette période et de valoriser l’expérience de l’employé en fin de carrière. Le senior trouvera donc un engagement pour combler la fin de son activité professionnelle. Ce « temps partiel senior » est très pratiqué au sein du groupe Orange par exemple.

 

Lucile REBILLARD – Analyste

 

Pour en savoir plus, vous pouvez contacter :

Julien ESCANDE – Senior Manager

julien.escande@wavestone.com

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