La crise sanitaire et son impact sur nos modes de travail : regards croisés de 4 consultants Wavestone

Depuis plusieurs années, des études se penchent sur notre perception du travail, du sens qu’on lui accorde et de la manière dont il sera structuré demain. En parallèle, des évolutions réglementaires comme le recours facilité au télétravail, le droit à la déconnexion ou encore récemment la notion « d’entreprise à mission » tendent à accompagner ce changement.  

Après 8 semaines de confinement, nous souhaitions partager avec vous les témoignages de 4 consultants Wavestone sur la situation actuelle et son impact sur les modes de travail. 

 

La situation actuelle bouscule nos habitudes 

La situation exceptionnelle que nous traversons est si particulière qu’elle provoque des émotions parfois contraires qu’il faut savoir appréhender.  

« La situation, je la vis de manière sinusoïdale : globalement de manière positive mais il y a des moments de pics et des moments de creux » (Pierre Narce, senior consultant) 

Pour Pierre Narce« les premières semaines étaient plutôt enthousiasmantes parce que c’était l’occasion de connaître quelque chose de nouveau et de se lancer des défis. Puis il y a eu l’annonce du prolongement qui a été plutôt démoralisante. Et maintenant, je suis dans une phase d’acceptation, de résilience ». 

Ce constat est également partagé par Gaëlle Larché, senior manager, pour qui les repères temporels sont modifiés avec la sensation qu’il y a eu deux temps : Un premier temps d’adaptation consacré « au maintien de l’activité et des performances à la fois individuelles et collectives ». Puis est venu le temps de « prendre soin de soi, de revoir ses priorités et de transformer les difficultés en opportunités ». 

Si le ressenti est globalement positif, il est nécessaire de mettre en exergue les deux principaux facteurs de désenchantement que les consultants ont pu soulever : le débordement soudain de la vie professionnelle sur la vie privée et le manque cruel de contact social.   

Des facteurs davantage liés au confinement plutôt qu’au télétravail. Puisqu’en effet, « cette période a pu démontrer que l’on pouvait être productif et performant en télétravail » (Camille Vinet, senior consultante). Toutefois, l’urgence dans laquelle il a été instauré n’a pas permis à ceux qui n’y étaient pas prêt de s’organiser convenablement, ce qui explique en partie la porosité entre vie privée et vie professionnelle 

« Ce qui me manque le plus ? reprendre les rituels ! » (Pierre Narce, senior consultant) 

Le manque d’interactions sociales et la perte des habitudes de travail sont des éléments exprimés spontanément par l’ensemble des personnes interviewées. Le retour dans les locaux et le partage de temps informels autour d’un café ou d’un déjeuner sont sans doute ce qu’il y a de plus difficile à supporter dans le quotidien de chacun.  

 

Une période favorable à l’expérimentation de nouvelles pratiques et à la mise en place de nouveaux rituels 

Malgré les difficultés soulevées précédemment, la période de confinement est propice à l’émergence de pratiques innovantes tant sur le plan personnel (pratique du yoga, défis personnels) que professionnel par l’intermédiaire doutils collaboratifs.  

« La situation actuelle apporte des surprises inattendues et des dynamiques positives » (Gaëlle Larché, senior manager) 

Cela a permis d’expérimenter des solutions digitales innovantes chez les clients pour l’animation de réunions ou d’ateliers à l’aide de Beekast par exemple. Mais aussi d’explorer des fonctionnalités d’outils existants que l’on n’utilisait qu’en surface auparavant. Parmi les bonnes pratiques identifiées, on retrouve : l’usage de la vidéo ; les rendez-vous virtuels sur Teams ; l’organisation d’événements internes (festival virtuel, échanges informels) et la mise en place de points de suivi réguliers : « on communique presque plus qu’avant, pour être sûr qu’on soit bien en phase » (Juliette Boitard, analyste).  

S’il est évident que la situation a accéléré la digitalisation des entreprises, qu’en est-il pour celles qui n’étaient pas matures sur ce sujet ? Il apparaît que même pour ces entreprises, l’expérimentation des outils collaboratifs a été perçue positivement et a généré de l’engouement. Néanmoins, ce qui est intéressant de souligner c’est que la non-utilisation de ces outils chez certains clients ne résidait pas forcément dans une éventuelle réticence mais d’un réel manque d’accompagnement dans leur prise en main.  

« C’est l’occasion pour les entreprises, d’accélérer ce processus de changement » (Juliette Boitard, analyste) 

 

Les premières semaines de retour sur le lieu de travail : un moment clé 

Le retour sur le lieu habituel de travail devra être encadré par la mise en place de mesures d’hygiène et de sécurité, d’une part pour rassurer les collaborateurs et d’autre part, pour répondre à l’obligation de sécurité qui incombe à l’employeur.  

« La clé c’est de trouver un bon équilibre et de fixer des règles claires » (Camille Vinet, senior consultante). 

En parallèle des dispositifs matériels, les collaborateurs auront certainement besoin de clarté, de se sentir écoutés mais aussi d’être informés régulièrement sur la situation économique de l’entreprise. La fonction RH et les managers seront donc en première ligne« Les entreprises doivent se donner les moyens pour rassurer les collaborateurs à la suite d’une période de crise qui a pu générer des inquiétudes et des peurs » (Gaëlle Larché, senior manager)Il sera indispensable de renforcer le relais managérial et d’accompagner le management tout au long du processus de « retour à la vie normale ».  

 

Et après ? 

« Les collaborateurs auront vécu des expériences professionnelles et humaines hors du commun, un retour à la normale est difficilement envisageable » (Gaëlle Larché, senior manager)Les entreprises ne pourront donc pas ignorer la nécessité de mener une réflexion sur l’expérience collaborateur et leur organisation. Il sera nécessaire de faire le bilan pour identifier ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné et ainsi proposer une structure viable sur le plan humain d’abord et économique ensuite. En effet, on s’oriente vers un environnement de travail « élastique » en termes de lieu de travail et d’horaires notamment. Les attentes ne seront plus les mêmes et cela nécessite de faire un bilan et de se poser la question de ce qui doit être garder et optimiser. En ce sens, on peut donc se demander si le travail en présentiel va rester une norme ou devenir une exception.  

Le sentiment partagé par les personnes interrogées est qu’il y aura une continuité plutôt qu’un « avant / après ». C’est-à-dire que les évolutions déjà amorcées en ce qui concerne le bien-être au travail, la QVT et l’accompagnement au changement, vont s’intensifier et devoir s’ancrer durablement pour répondre aux attentes des collaborateurs. 

——-Anne-Sophie ALLANICConsultante
Pour en savoir plus, vous pouvez contacter :
Florian GUILLAUMIN Manager
Florian.GUILLAUMIN@wavestone.com

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